Lundi 20 juin 2011 1 20 /06 /Juin /2011 16:50

 

                                       GUILLAUME    LE    CONQUERANT

 

William

 

Tôt ce matin du 23 Juin 1982, un jeune père, debout fièrement sur les marches de l’hôpital St. Mary’s, à Paddington, Londres, tenait tendrement dans ses bras son fils nouveau-né. Les meutes de journalistes, photographes et équipes de télévision, dans le bruissement de leurs appareils, questionnaient à haute voix l’héritier au trône  qui tenait l’enfant. Ce bébé pourrait lui aussi être roi un jour. Venu au monde à 9.03 heures le soir du 21 juin, il portait un bracelet, l’identifiant seulement comme ‘Guillaume de Galles’. Il bougeait à peine, nullement dérangé par tout le brouhaha et la jubilation du public, à la nouvelle de sa naissance.

 

Conduit au Palais de Kensington, il y vécut les seize premières années de sa vie. Pourtant cet héritier présomptif avait vu le jour dans une salle privée d’un hôpital public, signe qu’il entrait dans une société changeante, différente de celle de son père en 1948.

 

Il fut baptisé William, Arthur, Philip, Louis de Galles, le 4 août 1982, jour de l’anniversaire de son arrière grand’mère, dans la salle de musique du palais de Buckingham, par l’Archevêque de Cantorbéry, Dr. Robert Runcie. Le bébé portait pour l’occasion, la même robe de baptême, bordée de dentelle et brodée de brins, fabriquée à Honiton dans le Devonshire, qu’avait porté pour la première fois, feu le Roi Edward VII. Les eaux des Fonts Baptismaux venaient de la rivière Jourdain, coutume traditionnelle, depuis 1840.

 

La mère de William, la Princesse Diana, dont l’amour brillait à travers tout ce qu’elle faisait, était déterminée à être présente et à participer à l’éducation de ses enfants. Elle lui prodigua une attention particulière et une affection que tout bébé mérite. Elle insista pour l’emmener avec elle, pendant le long voyage avec le Prince Charles, en Australie, peu après sa naissance. Les traditionalistes critiquèrent son approche ‘moderne’ mais pas le reste du monde.

 

En septembre 1985, le jeune prince entra à l’école maternelle de Notting Hill Gate, habillé d’un short rouge et d’une chemise à carreaux rouges. Une foule de journalistes et de photographes l’attendait. Cela n’avait pas été facile d’envoyer  William à une école maternelle, car les enfants royaux sont, de coutume, éduqués par une gouvernante, à la maison, jusqu’à l’âge de 7 ans. Mais Diana était déterminée à ce que son fils échappe à l’atmosphère du château et apprenne à fréquenter les autres enfants.

La transition fut probablement une dure leçon qui lui a rendu grand service. Une nouvelle nounou lui enseigna non seulement comment compter sur soi-même, mais aussi l’importance d’avoir de la considération et de la gentillesse envers les autres.

 

Puis, William, et son frère Harry, devinrent pensionnaires à Ludgrove  School, dans le comté de Berkshire. William excella en sport. Il était grand pour son âge et fut le capitaine de l’équipe de rugby et de hockey, et une des vedettes du ball-trap, ayant appris le maniement du fusil, dès son plus jeune âge. Il comprit bien vite, qu’il attirerait pour toujours, comme membre de la famille royale, l’attention du public.

Eventuel héritier au trône, il accompagnait ses parents dans de nombreuses visites officielles pour s’accoutumer à cette attention. Il a acquis non seulement le sens du devoir des Windsor, mais aussi la manière naturelle de sa mère avec les foules, et son propre charisme et son assurance lui rendent grand service dans ses fonctions publiques.

 

Contrairement à son père, William décida de poursuivre ses études secondaires à Eton Collège, possiblement la plus fameuse institution pédagogique au monde, avec ses traditions de longue date : donner confiance aux jeunes gens, par exemple. Beaucoup de ses amis y étaient. Il allait être  tout proche du château de Windsor où il pourrait rejoindre sa grand’mère, la Reine, les dimanches pour le thé. Ce choix avait préalablement reçu la bénédiction de Diana et de la Reine mère.

 

Il était connu comme ‘Guillaume de Galles’, le seul à pouvoir jouir du luxe d’une salle de bain privée. Il s’imposa en osant coller au mur de sa chambre de 12 mètres carrés, des posters de  l’équipe de football d’Aston Villa, un poster dédicacé des All Saints, son groupe préféré, et des pinups. Il brillait au sport surtout dans la piscine où il était capitaine des nageurs. Il obtint d’assez bons résultats pour décrocher une place à l’Université de St Andrews.

En mai 2006 il devint Président de L’Association de Football Anglais. Il prêta sa contribution à plusieurs projets, en mobilisant des fonds, surtout pour les enfants malades à l’hôpital, et pour le développement communautaire et l’éducation, à travers le vaste continent africain.  

 

 Il prit une année sabbatique pour parcourir le monde. Il voulait parfaire son éducation dans des voyages et des aventures. Il partit pour le Belize, rejoindre les troupes galloises en exercice dans la jungle étouffante et humide. On lui enseigna comment faire s’il était mordu par un serpent, et comment tuer et vider une poule, avant de la cuire au feu de bois.

Ce fut aussi là, qu’il apprit à se servir d’ armes semi-automatiques.

 

Si les jungles de Belize furent inconfortables, les sables blancs, la mer turquoise, le soleil chaud et la douceur des vents, à l’île Maurice, étaient pur délice. Il se rendit incognito à l’île Rodrigues, comme aide de la Société Royale Géographique, ‘Bancs de Poissons du Capricorne’, pour la conservation marine. Il gagna ensuite le Chili, avec l’expédition ‘Raleigh International’ pendant la saison froide, humide et pluvieuse, où il ne connut que la pluie pendant une bonne partie de son séjour. Il enseigna l’Anglais aux enfants du village de Tortel et se fit des amis parmi les gens de la localité.

 

William n’avait que 15 ans, ce 6 septembre 1997, marchant lentement, tête baissée derrière le cortège funèbre  de sa mère, tuée dans un tragique accident de voiture à Paris. Mais, il démontrait une maturité qui donnait une fausse impression de son âge, en dépit de son émotion intérieure et de la douleur qu’éprouvait la foule. Il était conscient de la passion de la défunte pour des œuvres charitables et il appréciait que, parmi la congrégation de 2000  qui assistait à la cérémonie, il y ait des représentants de beaucoup d’organisations qu’elle avait aidées et encouragées. C’est ainsi qu’il s’intéressa à plusieurs causes charitables, qu’avait soutenues sa mère, la Princesse Diana.

 

Il partit pour St Andrews Université en septembre 2001. Il était l’un des 6000 étudiants à grossir la population de cette ville, pendant les trimestres d’études.

Au commencement il habita dans la résidence universitaire, sur le campus, où il devait se comporter comme tout autre résident, sans privilèges, s’asseyant au réfectoire à côté de quiconque s’y trouvait. Occasionnellement, il se laissait tenter par le petit déjeuner anglais, car il préférait ses repas bios. Il suivait ses cours religieusement et rencontrait ses tuteurs pour discuter sur ses thèses. Quand il avait des créneaux libres il se rendait en ville pour s’acheter des journaux et parfois rencontrer des amis autour d’un café.

 William fit la connaissance de l’étudiante Kate Middleton avec qui, lui et deux autres amis quittèrent la résidence pour se partager un appartement, pas comme les autres, avec des fenêtres et des portes blindées et un système d’alarme sophistiqué, dans Hope Street, en ville. Sa Majesté La Reine  lui avait stipulé des règles à respecter : ne pas fumer, peu de boissons et certainement pas de drogues, ne pas embrasser une fille en public et ne jamais se défaire de son garde du corps et encore surtout, ne jamais parler de la famille royale, même avec ceux qu’il considérait comme proches.

                 

Il obtint une Maitrise en Géographie avec mention bien, une licence, la plus élevée décrochée par un héritier au trône britannique. A sa sortie d’université, William entreprit des stages de gestion foncière et bancaire, mais, dans la meilleure tradition royale, il a dû choisir une carrière dans les forces armées. Diplômé de l’école militaire de Sandhurst en décembre 2006 après une année à L’Académie Royale Militaire, il reçut son  grade de lieutenant à un défilé de promotion,  observé avec fierté par son père et sa grand’mère, La Reine.

Son désir d’entrer en service actif fut refusé, alors il s’entraina dans la Marine Royale et l’Aviation Royale où il fut reçu comme sous-lieutenant et lieutenant respectivement. Ses insignes de pilote, après quatre mois de cours d’entrainement intensif à Cranwell, lui furent remis en avril 2008 par son père, à une cérémonie à laquelle assistait, entre autres, celle qui sera bientôt son épouse.

 

Catherine

 

Catherine Elizabeth Middleton est née à l’Hôpital Royal Berkshire, à Reading, le 9 janvier 1982, ce qui la rend  plus âgée que William de  seulement 5 mois.

En langage royal elle est une ‘roturière’, de la classe moyenne d’une famille fortunée, qui a réussi par ses propres moyens, avec des parents qui lui ont donné tout avantage en éducation et socialement. Elle est bien élevée sans être collet monté, charmante sans être précieuse, douce et obligeante mais avec une volonté et force de caractère personnel qui la rapprochera du public britannique. Carole, sa  mère, descend d’une lignée de mineurs de Durham, dont le père, Ron Goldsmith, quitta l’école à 14 ans pour éventuellement fonder un business de construction à Southall,  dans l’ouest de Londres. Elle travailla comme stewardess à bord des avions de la BOAC, ligne internationale d’alors, et dans les années 70s rencontra et se maria avec Michael Middleton. Ce dernier avait grandi à Leeds où son père, pilote, issu des ancêtres qui furent avocats, propriétaires d’usines et de petits propriétaires terriens. Il était pour un temps steward de bord à la BOAC, s’entraina pour devenir pilote avant de travailler dans l’administration d’une compagnie aérienne.

 

Carole Middleton eut une idée géniale qui allait faire la fortune familiale. Elle perçut une ouverture dans le marché festif et établit un business de ventes par correspondance pour des costumes, jouets, jeux et des nouveautés pour toutes sortes d’objets de fêtes. Elle eut un tel succès, s’adaptant bien avec la venue d’internet, ce qui permit à la famille de déménager pour leur demeure individuelle de cinq chambres dans le village de Buckleberry, Berkshire. Catherine eut alors une éducation privilégiée  à l’école de St. Andrew’s à Pangbourne et plus tard au Collège Marlborough dont les frais de scolarité s’élevaient à €30,000 annuellement. Elle était une étudiante admirable, académiquement, en société et aux sports. Ses amis se souviennent d’elle comme étant timide, transformée en une adolescente remplie d’assurances, travailleuse, athlétique, et talentueuse. Elle apprit vite comment agir dans ce nouvel environnement où il fallait être juste, robuste et civilisée. Elle eut la liberté pour s’épanouir et ne pas se soucier du qu’en-dira-t-on. Elle fut préfète de sa division, connue pour son sérieux, sa loyauté ; des qualités, en fait, pour une princesse moderne.

 

 Elle obtint son ‘bac’ avec mention très bien. Elle prit une année sabbatique et passa quelque temps travailler au Chili, visitant aussi les Caraïbes et Florence. Elle ne fut pas la seule étudiante de Marlborough Collège acceptée à L’Université de St. Andrews. Elle suivait les mêmes cours que William et très tôt ils se rencontraient régulièrement aux petits déjeuners. Ils aperçurent qu’ils partageaient les mêmes intérêts. Mais  William rencontrait des difficultés dans ses études et changea de cursus et prit un croissant intérêt à la belle étudiante aux cheveux châtains.      

 

Les parents et leurs enfants ont su être discrets au sujet de la relation de Catherine avec William. Ils étaient toujours prêts pour la soutenir et la conseiller. La discrétion totale fut observée jusqu’au jour où ils furent photographiés ensemble sur les pentes neigeuses de  Klosters  en juin 2004, que personne d’autre, hors ce cercle restreint d’amis, avait la moindre idée qu’ils étaient liés amoureusement. Catherine décrocha une licence en Histoire Artistique et décida de faire carrière dans le business de la mode. Mais comme l’entreprise familiale avait besoin d’un manager commercial, elle se fit volontaire. C’est son sens inné de  discrétion, sa loyauté, sa résilience, sa persévérance tranquille, qui lui a été utile pour gagner le sceau royal d’approbation.

 

Peu après 11 heures mardi matin 16 novembre 2010, Kate Middleton au bras de son prince entra dans la Salle d’Entrée rouge et or du palais St. James, debout sous les portraits royaux, révélant leur bonheur et leurs plans d’avenir aux médias internationaux. Ils s’étaient fiancés auparavant lors des vacances romantiques passées au Kenya. Le prince avait informé Sa Majesté et les autres proches membres de sa famille, et il eut aussi la permission du père de Kate. Quoiqu’ils se sont connus depuis 2001 et ont vécu ensemble, la  nouvelle fut une joyeuse surprise et un moment de joie publique et privée. Le dimanche, deux jours avant l’annonce de ses fiançailles, William avait rendu visite aux troupes britanniques risquant leurs vies en Afghanistan, pour célébrer la cérémonie du Service du Jour de Souvenir avec eux.

 

Le Prince William et Catherine Middleton, plus connue du monde comme  Kate  sont  parfaits exemples d’une jeune génération qui prouve que ses origines n’ont pas d’importances quand l’amour s’implique. Les Middletons  peuvent être considérés comme la face moderne de la Grande Bretagne, travaillant dur, self-made et entrepreneurial. Ils ont accueilli le prince dans le giron familial et lui dit : c’est ce qui lui a donné un aperçu du bonheur qu’il espère partager dans l’avenir. Ils assureront la continuité de la stabilité de la monarchie et le temps venu William accèdera au trône. Catherine sera reçue avec les plus grands soins et considérations  afin qu’elle assume son rôle à l’intérieur de ‘L’Entreprise Royale’, et sa responsabilité primordiale sera d’être l’épouse d’un officier actif  dans la Royal Air Force jusqu’à 2013.

 

La cérémonie nuptiale se tiendra en l’Abbaye de Westminster le vendredi 29 avril 2011, officiée par le Doyen le Très Révérend Dr. John Hall et l’Archevêque de Cantorbéry en présence de la royauté britannique, européenne et étrangère, des invités politiques, des hommes d’états, des artistes et footballers, des parents et amis personnels : une congrégation de 1800 invités, dont 600 assisteront seulement à la cérémonie religieuse, 600  ne prendront que l’apéritif et un vin d’honneur, 600 ne participeront qu’au repas nuptial au palais de Buckingham. Les dispositifs de sécurité sont gardés secrets mais après les récentes manifestations dans les rues londoniennes, Scotland Yard et la ‘Metropolitan Police’ auront pris les mesures nécessaires pour prévoir à tout débordement. Beaucoup de gens du peuple qui souffrent sans pouvoir joindre les deux bouts, les étudiants dont les frais de scolarité ont augmenté, dus à la politique de rigueur infligé par un gouvernement de coalition, pensent que le pays ne devrait pas payer pour des extravagances quand il ne peut les affronter.

 

Ce mariage sera surement considéré comme l’évènement de l’année de l’autre côté de la Manche. Il y aura certainement des fêtes dans des villages, dans des quartiers, dans des familles, comme ce 29 avril 2011 a été décrété jour de congé publique au pays. On s’attend à une foule de 2 millions longeant les routes menant à l’Abbaye, venue acclamer le couple. Ils ont décidé de garder secret les détails des préparatifs au mariage et ils ont insisté sur la présence de jeunes, qui apporteront plein d’entrain à la cérémonie et à la réception. La  ‘Monnaie Royale’ a produit une pièce de £5 à l’effigie du couple, pour marquer l’occasion—la première fois dans sa longue histoire qu’elle frappe une pièce commémorative pour des fiançailles. Des articles de luxe tels des horloges, des plats en porcelaine, des coffrets de souvenir sont produit avec les initiales dorées du couple, décorés à la main, pour commémorer cet évènement historique et heureux. A la question pourquoi il a attendu si longtemps pour proposer à la femme de sa vie, William répondit qu’il connaît la pression de la vie au château et qu’il voulait laisser à Kate voir d’elle-même ce qui se passe à l’intérieur et se retirer si nécessaire avant qu’elle soit dépassée.

 

Il est vraisemblable que Sa Majesté Elizabeth II offre un duché à son petit fils, comme veut la tradition, quand un prince de sang royal se marrie. William portera un nouveau titre et cela déterminera  comment s’adresser à sa nouvelle épouse. Les experts leur prédisent  le titre de Duc et Duchesse de Cambridge.

 

L’histoire de William et Kate ouvre une nouvelle ère à la Famille Royale et au peuple britannique. Devant l’autel, à l’Abbaye de Westminster, quand ils se jureront amour et fidélité, les espoirs et bons vœux d’une nation les accompagneront  Comme citoyen britannique, je leur souhaite tout le bonheur dans leur vie de couple. Je prendrai un toast à la bonne santé des jeunes amoureux, à St. Georges et à l’Angleterre !

 

       

            

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par sylvette
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Mercredi 8 juin 2011 3 08 /06 /Juin /2011 16:04

 

 

L’âge

 

 

 

L’âge et comment le mesurer, l’apprécier, l’accepter, en profiter et vivre avec !

 

Nous aimons tous les vieux vins, le vieux fromage, les vieilles choses comme les bâtiments, les traditions, les proverbes, certaines antiquités. Nous les recherchons et parfois payons très cher pour les obtenir.

 

Pour cela il, faut le temps et l’expérience. Les marques, les coups, les fêlures, les décolorations, les usures, les balafres ou de simples rides sont les caractéristiques qui forment leur personnalité.

 

Il y a des personnes qui ont des centaines d’années ; cela ne se voit pas mais cela « s’entend » et si nous prenons le temps d’écouter les expériences qu’elles ont vécues, quel enrichissement !

 

La morale de l’âge est qu’il faut laisser la nature faire ce qu’elle sait faire mieux que nous.

Après tout, quelque soit le chiffre, nous nous rendons compte que nous n’y sommes pour rien.

 

 

 

Stephanie

Par sylvette
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Mercredi 8 juin 2011 3 08 /06 /Juin /2011 16:02

Excursion

 

Pour ce premier séjour de Noël  au soleil, nos parents nous avaient organisé une excursion à Iférouan, au pied du massif de l’Aïr. Un avion de métal, ni grand ni petit, sauf les ailes, nous attendait donc, posé là un peu au hasard. A mes yeux, la piste de sable et de cailloux bruns ne se différenciait guère du terrain alentour, également de cailloux et de sable, à perte de vue.

Le matin était encore frais et le désert à peine éclairé. Nous étions une dizaine d’adolescents, venus de France pour Noël, quelque peu désorientés, mais excités de nous envoler encore, malgré le bruit de ferraille et l’odeur d’huile brûlée que dégageait le vieux DC3.

Embarquement rapide sur la passerelle rudimentaire, une sorte d’escabeau, puis, nous voilà assis à l’intérieur de la boîte. Mon esprit, un peu dégrisé, est partagé entre l’émerveillement face à toute cette nouveauté, une curiosité soudain insatiable et l’analyse froide et méfiante des détails techniques de l’opération. Il engrange avec avidité images, sons, impressions, odeurs et réflexions diverses :

-« je ne sais pas si ces coulées d’huile sur les ailes sont vraiment normales ! »

-« cette odeur de friture mécanique est curieuse, mais pas désagréable ! »

Puis l’avion se met à rugir et à vibrer de toutes ses tôles (on me dit qu’il fait son point fixe) de plus en plus fort (deux fois), jusqu’à ce que le pilote relâche soudain la tension en le laissant filer en cahotant et s’envoler en douceur. Impossible de sentir à quel moment les roues quittent     le sol.

Je cherche des yeux la piste d’atterrissage depuis plusieurs minutes, lorsque nous descendons rapidement et nous posons dans la chaleur étouffante de début d’après-midi. Nous n’avons qu’une idée en tête : sortir ! La fatigue m’engourdit l’esprit et la chaleur ralentit tous mes gestes, l’afflux de nouveautés, tout à coup, sature mes neurones !

C’est donc dans un état second, comme dans « un ralenti », que j’accomplis les actes nécessaires, pressée par le groupe, jusqu’au moment où deux enfants me présentent une bassine émaillée pleine d’eau. Je me réveille en sursaut :

Seulement vêtus d’une sorte de pagne, leurs bras et leurs jambes bien plus poussiéreux que ma tunique de coton, ils m’accueillent : sourires éclatants, pauvreté extrême. Ils m’offrent de l’eau, leur précieuse eau ! Je bois donc, dans un quart émaillé, une eau tiède et quelques grains de sable ocre. Je remercie, je souris, frustrée de ne pas pouvoir communiquer mieux. Puis, je m’écarte du groupe pour reprendre mon individualité et… regarder.

Nous sommes sur un plateau rocheux, parfaitement plat, ocre rouge, bordé de petits arbres au feuillage argenté. On dirait une scène de théâtre en plein air. Devant moi le désert immense, des cailloux, du sable, de la lumière jaune.

Je me retourne. Mon regard butte sur un mur de roche. A droite, du rocher, à gauche, du rocher. J’ai beau lever les yeux et la tête, je n’arrive pas à décrocher mon regard de cette falaise. Ce sont les montagnes de l’Aïr, un massif rocheux dressé au milieu du désert plat, sur un plateau d’immenses dalles qu’il faut enjamber, comme une grande marche.

Cet endroit paraît, tout à coup, de plus en plus peuplé. Un européen, au crâne cuivré, un hollandais, sans doute, nous accueille et nous mène à son « hôtel » : un groupe de cases traditionnelles, une petite maison carrée en banco. Il nous conduit au patio et nous fait assoir autour d’une table ronde.

 Mes yeux s’arrêtent sur les stries courbes du plateau. Ça me rappelle quelque chose ! Je cherche à comprendre, puis je vois : c’est une tranche de tronc d’arbre ! Énorme, en pierre, avec ses cercles de croissance concentriques. Un fossile d’arbre aux tons ocre, bruns, beige… comme un marbre mat de plus d’un mètre de diamètre.

Notre hôte nous offre à boire à son tour, un jus de fruit frais, puis, se raconte.

Il reçoit ici des hommes d’affaires stressés venus se ressourcer, très loin des villes surpeuplées. Ils paient très cher pour dormir sur une natte par terre, enroulés dans une couverture, dans des huttes aux toits de chaume, juste au pied de la montagne…  Ils se reposent ainsi la tête, surtout, dans l’inconfort, le froid, une forme de pauvreté provisoire…  expiatoire ?

            Une petite foule nous accompagne maintenant, pas à pas. Nous sommes l’attraction du jour, peut-être du mois ; il y a peu de distractions ici, si loin de tout ! Des enfants, des femmes se joignent au groupe et nous escortent. Insensiblement, on nous dirige vers le puits.

Pour nous, le bouvier conduit sa bête le long d’un sentier creux ; un bœuf maigre, attaché à une corde qui plonge dans les profondeurs, jusqu’à l’eau.

A l’ambiance, nous comprenons qu’il va se passer une chose extraordinaire. Nous restons donc figés de part et d’autre du sentier, attendant le clou du spectacle.

La corde se tend soudain entre le cou de l’animal et une branche horizontale. Dessous apparaît une sorte de sac marron qui s’élève, tout gonflé d’eau, presque étanche : une outre de peau de chèvre. L’homme fait avancer la bête d’un pas de plus, l’outre se renverse  et libère un ruisselet d’eau, courant dans une rigole de sable, jusqu’aux plantations du jardin. C’est le système d’irrigation ... Et, un triomphe !

C’est  manifestement la fierté du maître des lieux, car, pour que nous comprenions bien l’ingéniosité du dispositif, il recommence plusieurs fois la manœuvre, jusqu’à ce que nous nous lassions - inconscients ! - du miracle.

Quelques gloussements fusent, je plains le bœuf maigre obligé de travailler sous cette chaleur infernale … Nous disons que c’est suffisant, c’est compris. Puis, nous reprenons notre marche.

            Un jeune Touareg nous aborde. L’un des anciens, habitué à l’endroit, traduit pour nous sa demande : On nous invite à boire le thé. Nous suivons le jeune homme digne, vêtu de bleu, jusqu’à une tente basse.

Circuler en groupe informe et compact bouche toute perspective. Je butte sur une ficelle et me rattrape à la grosse toile de laine colorée de la tente. C’est l’entrée. Je me penche, j’avance… Des tapis à dominante rouge recouvrent le sable. Des nattes encadrent un petit foyer noir, creusé dans le sol. Une jeune fille au visage fin et bronzé est assise près de son père, sans doute, vêtu de la tenue traditionnelle touareg : le chèche, enroulé sur la tête, des voiles bleus, écrus, superposés ;  Il est agenouillé mais paraît très grand.

La jeune fille place une bouilloire sur un minuscule trépied d’osier contenant quelques braises. Les jupes de la tente sont retroussées pour laisser passer l’air, mais il est chaud et l’eau du thé ne tarde pas à bouillir. L’homme jette les feuilles de thé et de menthe dans une très belle théière d’argent, puis il verse l’eau d’un ample mouvement de bras, faisant s’allonger à l’extrême le filet d’eau bouillante qui crépite, sans éclabousser pourtant l’arc serré des convives.

Nous assistons au cérémonial en silence, recueillis et épatés comme des novices. Puis, l’homme saisit une petite pioche en argent ciselé et, de plusieurs coups précis, il détache des éclats du pain de sucre aux allures de petit rocher translucide, posé devant lui. Il referme et fait tourner la théière pour mélanger, avec une dignité de seigneur.

Le piochon en argent me fascine par sa finesse, son décor ciselé, avec précision et art, de motifs Touaregs. Il paraît très lourd. Sa richesse et sa qualité bouleversent ma conception du luxe. La théière très ornée, brillante, me rappelle de riches intérieurs bourgeois. Je comprends que nous sommes reçus par un notable.

Nous ne communiquons que par gestes et grâce à notre « interprète » qui nous explique à mi-voix le sens des gestes et des attitudes, soucieux de ne pas froisser notre hôte. Nous sommes tous très sérieux, pas un sourire ne sera échangé pendant cette cérémonie traditionnelle.

Lorsque le thé est suffisamment infusé, l’homme verse le liquide brun dans un verre à thé, décoré de dorures, et la deuxième partie du rituel commence :

Pour dissoudre les pépites de sucre, il verse du thé dans le verre, le remue délicatement en tournant, puis il transvase le mélange dans la théière, du même geste ample du bras, en formant un jet fumant. Un petit tour de plus, puis il recommence. Quand, enfin, le thé lui paraît uniformément sucré, il remplit chaque verre, le passe à la jeune fille qui le tend à chaque convive.                   

 Nous recevons ce récipient bouillant, sous la tente surchauffée, avec le respect désiré, nous remercions d’une inclinaison de tête, en essayant, discrètement, de ne pas nous brûler les doigts. Puis, je goûte.

Mes appréhensions s’envolent avec les vapeurs du thé. C’est chaud, mais délicieux, on dirait du sirop  tellement c’est sucré. La menthe se diffuse jusqu’au fond de ma gorge, remonte dans mon nez et une sorte de fraîcheur me pique les yeux.

Soudain, l’atmosphère se détend. Nôtre hôte se met à parler, son visage s’anime, il fait des gestes  pour ponctuer les paroles que nous ne comprenons pas, nous échangeons des sourires tous azimuts.

J’observe avec curiosité la jeune fille qui doit avoir mon âge, j’essaie de lui témoigner ma sympathie, mais, ses yeux expriment surtout une curiosité… réciproque, et la même réserve. Soudain, le silence se fait de nouveau. C’est la deuxième tournée de thé. Le rituel recommence.

Le second verre est très amer, les feuilles continuent d’infuser, dans la théière, je les aperçois lorsque l’officiant soulève le couvercle. Au troisième verre, l’amertume a pris le dessus et la boisson devient astringente et quasiment imbuvable. On m’expliquera ensuite, que l’amertume permet de calmer la soif.

Mon esprit continue à galoper : comparer, comprendre, retenir … maîtriser l’engourdissement de l’étrangeté. J’observe, j’écoute, je prends des notes, que je range dans un méandre de mon cerveau : une foule de détails inclassables, sons, couleurs, motifs…  Je comprendrai plus tard.

Je prends soudain conscience des odeurs. C’est de là que vient ce sentiment d’étrangeté : ce pays a son  parfum personnel. Je reconnais le sable, les hommes, le thé, la menthe, un soupçon d’épices, le tissu de laine, le mouton, oui ! Je reconnais l’odeur du mouton !… Et, en fond, une note un peu âcre, totalement inconnue…

 

 

 

 

 

 

 

Par sylvette
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Mercredi 8 juin 2011 3 08 /06 /Juin /2011 15:55
Par sylvette
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Mercredi 8 juin 2011 3 08 /06 /Juin /2011 15:50

Le passé

 

Lorsque je revois le passé, quelques souvenirs indélébiles me reviennent à l’esprit.

Ma sœur, qui a dix ans de plus que moi, était fiancée à un jeune pilote. Comme tant d’autres, il est mort durant la fameuse bataille d’Angleterre.

Les avions comprenaient trois places : le pilote et son navigateur, devant, et derrière, face à l’ennemi, le « rear gunner ». Son espérance de vie ne devait guère dépasser trois semaines.

Enfants, nous reconnaissions bien les sons des différents avions et le bourdonnement lourd des « Messerschmitt » allemands nous paraissait sinistre.     La radio annonçait, tous les soirs, combien de pilotes manquaient au retour des missions.

Lors des batailles, ces jeunes revenaient, leurs avions troués. On les ficelait avec les moyens du bord, et ils repartaient. Il y a eu des moments peu glorieux, mais celui-là me donne toujours des frissons, lorsque j’y pense.

Beaucoup de jeunes hommes, sortis de l’école, partaient en mission, après une trop brève instruction.

Ils nous ont, quand même, sauvés de l’invasion.

Pendant un temps, on m’a envoyée dans un coin idyllique des Cornouailles, au bord de la mer. J’habitais un ravissant cottage, couvert de fleurs (on en vendait des cartes postales). Le couple qui m’accueillait ne faisait guère attention à moi.

La dame faisait cuire constamment des langoustes que son mari attrapait dans ses pièges. Elle les lançait dans un grand pot noir, d’où elles sortaient parfois, en essayant  de se sauver. J’étais horrifiée ! Je voulais partir !

Pourtant, j’y ai passé quelques bons moments. J’ai appris à nager dans la mer vive, et j’avais trouvé une amie, avec qui je faisais de longues balades à poney.

         Il n’y avait pas de voiture, seulement les jeeps des « G. I.’s ». Ces jeunes américains étaient très bien élevés et charmants. Beaucoup de jeunes filles se sont laissé séduire et se sont trouvées mariées, partant pour une vie inconnue aux Etats Unis.

         J’avais beaucoup de liberté, mais, si j’arrivais en retard pour un repas, je ne mangeais pas. L’époque n’était pas tendre pour les enfants.

         Il est difficile, de nos jours, d’imaginer le manque de train, de bus, de téléphone… Pour communiquer, on écrivait, en espérant que ça arrive !

         Finalement, ma mère m’a envoyée dans une grande ferme, ancienne, qui sentait le moisi et où la vie semblait s’être arrêtée au siècle dernier.

Le fermier buvait le cidre du pays à même un grand fût en terre cuite. Ce cidre « nature » était très fort : - « Pas pour les touristes ! »

Des prisonniers italiens travaillaient à la ferme et mangeaient à la grande table, comme tout le monde. Ils s’y trouvaient très bien : finie la guerre, pour eux !

         Pour ma part, le plaisir de manger des scones sortis du four, accompagnés de fraises et de cette crème, riche et unique, de Cornouailles, ne me réconfortait pas. Je me sentais très loin de chez moi, et la ville me manquait.

A la ferme, j’étais une étrangère, une enfant de la ville… Les temps étaient durs, les enfants devaient se rendre utiles. L’affection était une denrée rare !

         Enfin, on me laissa rentrer chez moi ! Je retrouvai avec joie, ma chambre, le grand pommier, devant la fenêtre - ses fruits acides ont été ma seule source de vitamines pendant six ans – les cours de danse, la piscine et … les bombardements.

La vie civilisée, quoi !

 

 

Pamela

 

 

Par sylvette
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